E-commerce, développement durable & trace carbone
Dans le contexte de
réchauffement climatique, les
entreprises sont soumises à de nouvelles
contraintes écologiques, notamment, le bilan carbone, qui vise à
« mesurer les émissions de gaz à effet de
serre [...] pour parvenir à une bonne évaluation
des émissions directes ou induites par [l’]
activité ou votre territoire. Elle
s’applique à toute activité : entreprises
industrielles ou tertiaires, administrations,
collectivités et même au territoire géré par les
collectivités. » (Source: ADEME)
Cette méthode développée par l'ADEME est compatible avec la
norme ISO 14064, l'initiative
GHG Protocol et les termes de
la Directive "permis" n°
2003/87/CE relative au système d'échanges de
quotas de CO2.
Qu’en est-il des activités de commerce
électronique ?
On pourrait penser que celles-ci, d’une façon
générale, par la limitation des déplacements des
clients, réduisent de façon assez forte les émissions
de CO2, et, que par conséquent, les pouvoirs publics
devraient favoriser ce genre de commerce. Force est
de constater que cette problématique ne semble pas
encore très répandue chez les acteurs publics et ceux
du commerce électronique (1). Peu d’entre eux
se sont encore penchés sur la question de leur
empreinte carbone alors que le bilan carbone va
devenir obligatoire pour les entreprises de plus de
50 personnes.
Quelques études études laissent cependant penser que
cet a priori est vérifié dans les faits.
Une spin-off de l’EPFL, Estia-Via a mis au point une
méthodologie qui a été appliquée à au moins deux
sites de commerce électronique, Télémarket et Leshop.ch, filiale en ligne du
distributeur suisse Migros.
(Source:
leshop.ch)
On trouve une analyse de l’empreinte écologique
sur le site Leshop.ch ici
(Source: leshop.ch)
Informations supplémentaires sur les résultats de
LeShop.ch sur la Tribune de Genève
Cependant, la méthodologie de cette
étude est quelque peu discutable car
l’essentiel des données utilisées pour les
calculs sont des données moyennes issues
d’études nationales. Pour obtenir une réponse
sérieuse à la question « le commerce
électronique a-t-il une trace carbone inférieure au
commerce traditionnel? », il faudrait inclure
plusieurs éléments que la méthodologie utilisée
esquive:
- le coût en énergie d’une commande en ligne sur le site (coût côté client et côté site marchand). Ce coût est loin d’être nul surtout côté site marchand où les datacenters sont très consommateurs d’électricité (surtout pour le refroidissement des salles !). Une étude a montré qu’une recherche sur Internet équivalait à une émission de 0,2 mg de CO2/seconde (voir Technewsworld ou CO2Stats);
- le taux d’émission d’un client effectuant un achat en supermarché n’est pas connu mais inféré à partir de données nationales. Rien n’est dit sur le type de véhicule utilisé dans les comparaisons. S’agit-il d’un 4x4 ou d’une Smart ?
- le taux d’émission des camions de livraison et les embouteillages qu’ils crèent. Les livraisons effectuées par les logisticiens utilisent des camions qui sont plus polluants que les véhicules personnels. les arrêts multiples des livreurs peuvent également générer des embouteillages générateurs d’émissions supplémentaires de CO2.
- les catégories de produits. Les études réalisées portent sur des achats de bien alimentaires qui représentent une très faible part du commerce électronique. Qu’en est-il pour les biens électroniques ou les livres, catégories de produits bien plus populaires ? La méthodologie est-elle toujours valable. On peut en douter.
Comment améliorer encore la trace carbone d’un site marchand?
Plusieurs pistes sont possibles:
- impliquer davantage le client dès la phase de passation de la commande en lui offrant des options de livraison « eco-compatibles », comme le fait d’ores et déjà monoprix.com (cf. copie d’écran). En groupant les commandes, on optimise le remplissage des camions de livraison et on diminue ainsi le coût carbone d’une livraison. Mais cela peut augmenter le délai de livraison. Par conséquent, une telle option nécessite une bonne campagne de sensibilisation dans la mesure où le client du commerce électronique utilise souvent ce canal pour obtenir des délais de livraison courts.
(source:
monoprix.com)
- optimiser les tournées de livraison grâce à des logiciels de TMS (Transport Management Systems). Peu de sites marchands utilisent de telles solutions actuellement.
- optimiser les infrastructures informatiques très consommatrices d’énergie. Voir par exemple les prestations proposées par CO2Stats.
(1) Voir les
conclusions du Grenelle de l’Environnement
quant à la distribution : http://www.legrenelle-environnement.fr/spip.php?article897.
D’une façon générale, le Grenelle de
l’environnement a totalement ignoré le
potentiel des TIC quant à la réduction des
déplacements grâce au travail en réseau
(Télétravail).
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