Amazon est-elle une entreprise non rentable ?

Nombreux sont ceux qui en France s’en prennent de façon virulente à Amazon et à ses pratiques supposées déloyales: optimisation fiscale, pratiques anti-concurrentielles parmi lesquelles la vente à perte. Pire encore nombreux sont ceux qui pensent qu’Amazon est une entreprise non profitable qui par ces pratiques de prix bas et de marge nulle lamine ses concurrents. La réalité est tout autre.

Il est à craindre que beaucoup de ces commentateurs ne prennent pas le temps de se pencher sur les documents financiers officiels d’Amazon (accessibles en ligne
ici) ou pire, qu’ils n’aient pas la capacité de les décrypter. Il est toujours plus facile de proférer quelques conclusions hâtives que d’analyser des états financiers en anglais.


Que nous disent les rapports annuels d’Amazon?
Résultats-financiers-amazon
source: rapports annuels, Amazon

Amazon dégage un
résultat d’exploitation annuel positif depuis 2002. Depuis cette date, seules deux années se sont soldées par un résultat net négatif (2012 avec une perte de 39 millions $ et 2002 -149 millions $).

Le P-DG Jeff Bezos n’a de cesse de répéter depuis des années qu’il poursuit une stratégie de long terme et qu’il n’est pas là pour réaliser des gains de court terme. L’objectif n’est pas la rentabilité des capitaux propres ou de l’exploitation mais la progression des flux de trésorerie disponibles (cf. ci-après). A cet égard, avec une telle stratégie, la progression du cours de bourse reste exceptionnelle depuis son origine (cf. graphique). En effet, si les actionnaires ne soutenaient ou ne croyaient pas en cette stratégie, ils auraient massivement vendus leurs actions entraînant la chute du cours.
Cours de bourse Amazon-small
Source: fr.finances.yahoo.com

Cette stratégie de long terme est menée de façon rigoureuse depuis 1995. Elle s’exprime très bien dans cette citation du rapport annuel de 2005 : « 
Our financial focus is on long-term, sustainable growth in free cash flow ».

Le free cash flow (ou flux de trésorerie disponible) est une mesure de performance financière calculée en soustrayant les dépenses en capital du cash flow d’exploitation.Le flux de trésorerie disponible est important car il permet à l’entreprise de pouvoir saisir des opportunités d’investissement et créer de la valeur pour les actionnaires.Sans liquidité, il est difficile de développer de nouveaux produits, de faire des acquisitions, de payer les dividendes et de réduire les dettes (voir
http://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_cash-flow.html).

L’évolution des free cash flow depuis dix ans traduit bien une réelle progression, à l’exception de l’année 2012.
freecashflow-amazon

De façon structurelle, Amazon a multiplié par 5 en dix ans son free cash flow (d’environ 400 millions de $ à 2 milliards $).
Ces ressources financières démontrent à l’évidence la bonne santé financière d’Amazon et sa capacité à financer sa croissance, qu’elle soit organique ou par acquisition (Kiva Systems, Diapers, Javari, Zappos, .Pets.com, Alexa, LexCycle, Cdnow, etc..; voir Hungry tech giants)

En investissant systématiquement dans des capacités technologiques et logistiques Amazon construit patiemment une plateforme de distribution mondiale dont la taille est désormais devenu un avantage concurrentiel très difficile à répliquer tant l’avance prise apparaît difficilement rattrapable compte-tenu des investissements à consentir.

Seuls des rivaux comme le japonais Rakuten et le chinois Alibaba peuvent désormais prétendre concurrencer. Il est à craindre que les autres soient tout simplement déclassés et dans l’incapacité de rivaliser par manque de compréhension du type de compétition qui s’installait et par conséquence par manque d’investissement.
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Fraude en ligne les données 2010

La dématérialisation des transactions marchandes sur Internet permet de nombreux types de fraude: scam ou fraude 4-1-9, fraude au clic, usurpation d’identité, détournement de comptes clients par phishing, etc (1)... L’absence, dans la plupart des transactions courantes de type B2C, d’infrastructure d’authentification autorise les fraudeurs à tromper la vigilance des e-marchands. La sécurisation des transactions et des paiements constitue donc un enjeu de taille pour les acteurs du commerce électronique (voir le chapitre 4: Choix d'une infrastructure de commerce électronique).

Depuis 2007 (analyse de la fraude en ligne en 2007, et la fraude en ligne en 2008, analyse de l’année 2009), nous analysons les données fournies par l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement.

Les données de 2010 montrent une progression de la fraude à la carte bancaire sur les transactions en ligne en France à 0,273% contre 0,263% pour un montant de 73, 9 millions € (contre 51,9 millions € en 2009).
fraude2_2010
Source: Observatoire de la sécurité des cartes de paiement

Cinq catégories de produits/services concentrent à eux seuls 80% de cette fraude en ligne:



Secteurs

Montant en m€

En % du total

Voyage, transport

19,9

19,8 %

Services aux particuliers

17,3

17,3 %

Commerce généraliste et semi-généraliste

16,4

16,4 %

Téléphonie et communication

15,8

15,8 %

Produits techniques et culturels

10,9

10,9

En ce qui concerne le taux de fraude sur les transactions internationales, celui-ci régresse légèrement mais reste très supérieur (1,36% soit 5 fois supérieur) au taux français.

fraude1_2010
Source: Observatoire de la sécurité des cartes de paiement

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